
Palais de l’Élysée , mardi. A 54 ans, Pierre Moscovici devient ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur. | (LP/M. DE MARTIGNAC.)
Directeur de campagne de François Hollande, il était les yeux et les oreilles du candidat. A 54 ans, Pierre Moscovici fait son retour aux affaires publiques comme ministre de l’Economie, des Finances et du Commerce extérieur, avec le rang de numéro 5 du gouvernement Ayrault. Ce fils d’intellectuels de gauche (son père, Serge Moscovici, est un sociologue de renom), plus marqué dans sa jeunesse par son passage à l’ENA que par son compagnonnage express avec le trotskisme, a déjà officié sous Lionel Jospin comme ministre chargé des Affaires européennes (1997-2002)
Membre de la commission des Finances de l’Assemblée, Mosco a consacré plusieurs années à l’Europe : il a été deux fois député européen, vice-président du Parlement de Strasbourg et l’un des rédacteurs de la Constitution européenne mort-née.Social-démocrate revendiqué
Un atout majeur pour Bercy en ces temps de tempête dans la zone euro. Social-démocrate revendiqué, il a voté oui à tous les traités européens. Au PS, il a été l’un des plus proches lieutenants de Dominique Strauss-Kahn, qui fut son professeur à l’ENA. Orphelin après le départ de celui-ci au FMI, à Washington, il a rejoint Hollande après l’affaire du Sofitel.
Réputé épicurien, un brin dandy et séducteur, Moscovici n’en a pas moins réussi son ancrage local comme député du Doubs. De la campagne, on se souvient de son lapsus : « Tout sauf Hollande », au lieu de Sarkozy! Son nom avait été cité un temps pour Matignon. Au lendemain de son élection, Hollande lui a proposé le poste de secrétaire général de l’Elysée. Moscovici a préféré retrouver les bancs du gouvernement.
Les chantiers de l'Economie
Les promesses à tenir. Taxation accrue des hauts revenus, durcissement des droits de succession, plafonnement des niches fiscales, annulation de la TVA sociale, etc. Le nouveau ministre des Finances va s’atteler aux nombreuses mesures de « justice » fiscale annoncées par François Hollande. Une réforme censée dégager 29 Mds€ de recettes supplémentaires. Egalement au programme du nouveau locataire de Bercy : une remise à plat de la fiscalité des entreprises et le doublement du plafond du livret A.
Les dossiers à déminer. Le ministre des Finances prend ses fonctions dans un contexte difficile. Si jamais la Grèce sortait de l’euro, ce ne serait pas sans conséquences pour la France qui a déjà déboursé une vingtaine de milliards d’euros. Surtout, l’activité économique est pour l’instant au point mort. Sans croissance, le retour à l’équilibre des comptes de l’Etat — prévu pour 2017 — va virer au casse-tête. A moins de décider de nouvelles hausses d’impôts et de mesures de rigueur supplémentaires après celles déjà décidées par le gouvernement Fillon…
http://www.leparisien.fr/politique/moscovici-le-faux-dilettante-17-05-2012-2004723.php
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