Comme il s’y est engagé, François Hollande, le nouveau président de la République, va plafonner le salaire des patrons des entreprises contrôlées par l’Etat. Pas si simple à mettre en œuvre.
Olivier Baccuzat | Publié le 09.05.2012, 07h38
L’heure de la « moralisation » des hauts revenus a sonné dans le public. Conformément à l’engagement pris pendant la campagne, le nouveau président de la République doit signer, d’ici fin mai, un décret plafonnant les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques. Comment? En fixant, dans chacune d’entre elles, un écart maximal de un à vingt entre le salaire le plus bas et celui le plus haut.
Concrètement, un patron ne pourrait gagner plus de 335600 € annuels brut (soit 27966 € par mois) si le revenu de base, dans son entreprise, est égal au smic annuel brut (16780 €).
François Hollande entend ainsi redonner un caractère « exemplaire » à la sphère publique. Il donnera l’exemple en réduisant de 30% ses émoluments, ainsi que ceux de ses ministres. Un symbole visant à montrer aux Français qui, en pleine crise, « ont toujours l’impression de payer pour les autres qu’un effort va être demandé à tout le monde », résume un élu PS.
Simple sur le papier, la limitation des salaires des patrons s’annonce pourtant compliquée à mettre en place. Ça ne sera pas le cas dans des établissements 100% publics, tels que la SNCF, l’Office national des forêts, le Commissariat à l’énergie atomique ou la Comédie-Française, dont les salaires des patrons sont rarement exorbitants. Quid, en revanche, des sociétés cotées dont l’Etat est actionnaire?
Avoir le sens de l’Etat ou pas
Dans certains cas, l’Etat possède plus de 50% des parts. Dans d’autres, c’est moins, ce qui ne lui donne pas le même poids pour imposer ses vues. Outre les problèmes juridiques posés par cette réforme, comment, enfin, faire accepter de gros sacrifices financiers aux dirigeants d’EDF, Areva ou GDF Suez sans prendre le risque de les voir partir ailleurs? Défendu par l’équipe Fillon, selon qui des « talents » doivent se rémunérer au juste prix, cet argument est battu en brèche par le PS. « On a le sens de l’Etat ou on ne l’a pas », assène un syndicaliste de la Poste, dont le conseil d’administration — hasard du calendrier — est consacré après-demain à la rémunération de son président, Jean-Paul Bailly, pour 2012…
http://www.leparisien.fr/economie/salaire-les-patrons-du-public-vont-se-serrer-la-ceinture-09-05-2012-1991740.php
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« A un moment, il faut montrer que le comportement au sommet de l’Etat est exemplaire », expliquait alors le candidat PS. Indemnités de résidence et de fonction en baisse
Symboliquement, ce devrait être le premier décret du quinquennat Hollande. Concrètement, le président et le Premier ministre percevront désormais 14000 € brut par mois, contre 20000 € pour Sarkozy et Fillon. Les ministres, eux, recevront environ 11000 € brut, contre 14000 € pour ceux qui les ont précédés. L’indemnité de résidence (3% du traitement) et l’indemnité de fonction (25%) baisseront en conséquence. Paradoxe : un ministre continuant à être rémunéré durant les six mois qui suivent son départ, les ministres de Fillon devenus inactifs seront jusqu’en novembre… mieux payés que leurs successeurs!
Le président nouvellement élu avait prévenu que ses ministres ne pourraient plus cumuler cette fonction avec la présidence d’un exécutif local. « Du coup, ils ne cumuleront plus les indemnités », se réjouit René Dosière, député apparenté PS, auteur de « l’Argent de l’Etat, un député mène l’enquête » (Seuil). Ce dernier a calculé le montant des frais de représentation (270000 € par an) et de frais de déplacement (360000 €) pour un ministre sous Nicolas Sarkozy. Il espère voir cette facture-là diminuer, elle aussi.
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Hollande et ses ministres donneront l’exemple
NATHALIE SEGAUNES | Publié le 09.05.2012, 07h21
Entendra-t-on bientôt dire, dans les allées du pouvoir, que « ministre, ça eut payé », pour paraphraser Fernand Raynaud? Les futurs membres du gouvernement, ainsi que le chef de l’Etat, ne bénéficieront pas du même niveau de rémunération que leurs prédécesseurs. Le 7 novembre, François Hollande avait annoncé qu’il réduirait de 30% les rémunérations des ministres et du président de la République. SUR LE MÊME SUJET
Symboliquement, ce devrait être le premier décret du quinquennat Hollande. Concrètement, le président et le Premier ministre percevront désormais 14000 € brut par mois, contre 20000 € pour Sarkozy et Fillon. Les ministres, eux, recevront environ 11000 € brut, contre 14000 € pour ceux qui les ont précédés. L’indemnité de résidence (3% du traitement) et l’indemnité de fonction (25%) baisseront en conséquence. Paradoxe : un ministre continuant à être rémunéré durant les six mois qui suivent son départ, les ministres de Fillon devenus inactifs seront jusqu’en novembre… mieux payés que leurs successeurs!
Le président nouvellement élu avait prévenu que ses ministres ne pourraient plus cumuler cette fonction avec la présidence d’un exécutif local. « Du coup, ils ne cumuleront plus les indemnités », se réjouit René Dosière, député apparenté PS, auteur de « l’Argent de l’Etat, un député mène l’enquête » (Seuil). Ce dernier a calculé le montant des frais de représentation (270000 € par an) et de frais de déplacement (360000 €) pour un ministre sous Nicolas Sarkozy. Il espère voir cette facture-là diminuer, elle aussi.
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