Habitué à « Sarko the American », Barack Obama va devoir développer ses relations avec le nouveau président. | (AP/MONSIVAIS.)
En cinq ans, Nicolas Sarkozy, par son activisme débordant, a joué les premiers rôles sur la scène internationale. François Hollande, lui, y débarque (six déplacements importants sont prévus d’ici fin juin) paré d’une notoriété quasi nulle, sauf — dans une moindre mesure — en Europe. Dans les grandes capitales du monde — notamment chez les géants américain et chinois —, on s’interroge sur ce nouveau venu mystère.
Aux Etats-Unis
Avec l’élection de François Hollande, la Maison-Blanche a perdu « Sarko the American », l’un de ses plus proches alliés. Le président élu français reste un quasi-inconnu au pays de l’Oncle Sam. « Il y a des inquiétudes car les Américains ne le connaissent pas. Ils se demandent s’il va se montrer pragmatique ou idéologue », souligne une source diplomatique française. Leurs craintes se concentrent d’abord sur la zone euro, tant ils redoutent que l’Europe ne reparte dans un cycle attentiste susceptible inquiéter les marchés financiers. En fait, les Américains misent tous leurs espoirs sur la volonté de Hollande de renégocier le pacte budgétaire européen en y associant un volet croissance. La meilleure des stratégies à leurs yeux. En privé, un officiel de haut rang de l’administration américaine avoue même « se réjouir » de travailler avec le nouvel élu socialiste!
Si les observateurs remarquent que le nouveau président semble « compatible » avec l’administration Obama sur les dossiers économiques, ils s’attendent en revanche à des tiraillements sur la politique étrangère et militaire. En annonçant le retrait des troupes françaises d’Afghanistan dès la fin de l’année, Hollande a pris de court la Maison-Blanche. Mark C. Toner, le porte-parole du département d’Etat, a reconnu lundi qu’il espérait que la relation bilatérale puisse « s’approfondir » avec François Hollande. Une formule toute diplomatique pour reconnaître qu’à ce jour… elle n’existait pas!
En Chine
Les dirigeants chinois pensaient que Nicolas Sarkozy serait réélu. Ils sont désormais à la recherche d’informations sur le nouveau président français qui n’est jamais venu en Chine. Outre la crainte de l’insistance traditionnelle des socialistes sur les droits de l’homme, le gouvernement a bien noté — en le dénonçant — que le candidat Hollande dénonçait la non-convertibilité du yuan, la monnaie chinoise. Ou qu’il s’en prenait au non-respect par les entreprises du pays des normes environnementales.
Au ministère chinois des Affaires étrangères, on s’interroge : « Faudra-t-il à nouveau une phase de tension? » Allusion aux relations houleuses que Nicolas Sarkozy avait entretenues au début de son quinquennat avec la Chine avant qu’elles ne deviennent meilleures, au nom du réalisme. Hu Jintao rencontrera François Hollande en juin lors du G20 au Mexique, mais aucun déplacement n’est encore prévu sur l’agenda du nouvel élu. En attendant, l’opinion chinoise apprend donc à connaître Hollande par les portraits qui paraissent dans la presse. Et qui s’attardent sur sa compagne Valérie Trierweiler, déjà venue plusieurs fois… comme journaliste.
Les dirigeants de l’Union européenne vont se retrouver mercredi 23 mai à Bruxelles pour un « dîner informel ». Cette réunion doit permettre de discuter des moyens de relancer la croissance, un sujet qui divise Hollande et Merkel, et de préparer le sommet des 28 et 29 juin.
http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/washington-et-pekin-face-a-l-inconnu-hollande-09-05-2012-1991933.php
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