Modifié le 10-05-2012 à 08h32
Par Thierry de Cabarrus
critique politique et cinéma

En ces temps de crise, la retraite dorée des présidents de la République a quelque chose de scandaleux. Ainsi, Nicolas Sarkozy, l’homme politique qui s’est voulu inflexible sur la réforme des retraites va bénéficier d’une pension très confortable. De quoi tranquillement voir venir avant d’entamer, comme il le laisse entendre, une seconde vie professionnelle dans le privé.
Des revenus considérables au regard de la retraite moyenne
Scandaleux, en effet. Comment accepter que celui qui a reculé de deux ans l’âge légal de départ à la retraite, jetant dans la rue des centaines de milliers de Français exaspérés par une telle mesure, en partie injuste et considérée par beaucoup comme inefficace, puisse bénéficier d’avantages considérables pour sa propre pension?
Certes, Nicolas Sarkozy ne va rien voler, ses rémunérations à venir sont considérées comme légales, car elles ont été évaluées selon un système plus ou moins transparent qui a été mis en place… voici près d'une trentaine d’années.
Mais comment accepter que celui qui s’est accordé une augmentation de 140% de sa rémunération, continue de gagner beaucoup d’argent comme président retraité, sans aucun doute environ 20.000 euros par mois prélevés sur les recettes de l’État ?
Comment accepter que cette somme, issue de l'argent versé par les contribuables, puisse être aussi importante alors que le revenu médian des Français se situe, lui, à 1.653 euros par mois et alors que la pension moyenne de nos concitoyens retraités n’excède pas 1.100 euros pour une femme et 1.600 euros pour un homme ?
Comme Giscard et comme Chirac
Nicolas Sarkozy va percevoir au minimum 6.000 euros bruts par mois, l'allocation "de base" actuellement versée aux anciens chefs de l’État français, en l’occurrence Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac et ce, quelle que soit la durée de leur présence à l’Élysée.
Comme eux, il va également pouvoir devenir membre de droit et à vie du Conseil Constitutionnel et, à ce titre, percevoir une rémunération supplémentaire de… 11.500 euros nets par mois.
Selon le magazine "Challenges", l’ancien président pourrait toucher au minimum 17.500 euros mensuels, somme à laquelle s’ajoute ce qu’on appelle pudiquement des "primes de sujétion spéciales", dont le montant est tenu secret. Ces primes ont officiellement pour objectif de "compenser les contraintes subies dans l’exercice de leurs fonctions" par les chefs de l’État… sans qu’aucune de celles-ci ne soit curieusement précisée.
Enfin, Nicolas Sarkozy, âgé de 57 ans, pourrait également toucher des traitements liés aux différents mandats qu’il a exercés comme député, mais également comme maire de Neuilly et en tant que président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, lorsqu’il aura atteint lui-même l’âge légal de la retraite. Une somme que l’on peut facilement évaluer à plusieurs milliers d’euros supplémentaires.
Un appartement, une voiture, 2 chauffeurs, 7 collaborateurs
En soi, ces rémunérations ont quelque chose d’à la fois provocateur et de disproportionné en cette période où les Français souffrent dans leur vie quotidienne, où leur pouvoir d’achat est rogné sans cesse, où leur emploi est menacé et où même leurs retraites sont remises en cause.
Pourtant, pour élevées qu’elles soient, ces sommes peuvent se justifier en partie par l’ampleur des responsabilités assumées par les présidents durant leur mandat.
En revanche, que dire des autres avantages dont ils bénéficient de manière automatique depuis qu’en 1985, Laurent Fabius, alors Premier ministre de François Mitterrand (eh oui, sous un régime socialiste !) avait révisé les dispositions matérielles des chefs de l’État à la retraite par une note discrétionnaire ?
Cette mesure aurait fait l’objet, deux ans auparavant, d’une discussion entre Valéry Giscard d’Estaing et le président socialiste sans que jamais pourtant aucun texte n’apparaisse sur ce sujet dans "le Journal Officiel".
On peut ainsi s'interroger sur la nécessité de mettre à la disposition des "ex" beaucoup d’autres privilèges exceptionnels, comme par exemple un appartement de fonction "meublé et équipé", mais aussi deux policiers en permanence pour les surveiller (ce qui signifie au moins six à huit personnes, avec le jeu des repos, des congés et du système des trois-huit).
À ces avantages, s’ajoutent une voiture de fonction avec deux chauffeurs pour la conduire, ainsi qu’un staff de sept collaborateurs : un chef de cabinet, deux assistants, trois secrétaires et même un fonctionnaire des archives nationales (!), sans doute pour les aider à rédiger leurs mémoires…
Des voyages et des séjours gratuits à l’étranger

Et que dire encore des facilités matérielles accordées pour leurs voyages aux anciens présidents ? Nicolas Sarkozy pourra se déplacer partout en France et dans le monde, gratuitement, notamment grâce à une carte d’abonnement illimitée sur la compagnie Air France en classe "affaires", ainsi qu’à une autre carte à la SNCF en première classe.
Enfin, les ambassadeurs et les consuls français ont pour consigne, partout sur la planète où il existe une représentation nationale, d’accueillir dans les meilleures conditions possibles les anciens chefs de l’État, notamment dans les résidences officielles.
René Dosière, ce député socialiste de l’Aisne qui s’est fait une spécialité de contrôler chaque année le train de vie des présidents de la République, explique dans son livre "L’Argent de l’État" (Le Seuil) que la facture se monte en tout au minimum à 1,5 million d’euro par retraité de l’Élysée.
Près de 5 millions d’euros donc, chaque année, rien que pour subvenir aux besoins de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et très bientôt Nicolas Sarkozy. Peut-être davantage, d’ailleurs, puisque René Dosière précise qu’il s’agit là d’une estimation, en raison d’une certaine opacité et de la diversité extrême des sources de financement.
Hollande poursuit la moralisation de Fillon
François Hollande pourrait bien, durant son quinquennat, remettre à plat la question de ces retraites dorées des chefs de l’État dans le cadre de son projet de moralisation de la vie politique. Mais il n’y aura pas de rétroactivité et Nicolas Sarkozy, tout comme ses deux prédécesseurs encore en vie, ne devraient pas en être affectés.
Il a notamment pris l’engagement de supprimer cette disposition qui permet aux anciens présidents d'être nommés à vie au Conseil constitutionnel.
François Fillon avait commencé cette opération de "nettoyage", forcé contraint en juin 2010, quand avait éclaté le scandale de la double rémunération de Christine Boutin : "le Canard Enchaîné" avait, à l’époque, révélé que l’ancienne ministre du Logement percevait… un salaire de 9.500 euros par mois pour une vague mission sur la mondialisation alors qu’elle bénéficiait également d’une pension de 6.000 euros au titre de sa retraite de députée.
Le non-cumul des mandats et… des retraites
Dès lors, le Premier ministre avait utilisé ce qu’on appelle désormais la "jurisprudence Boutin" pour obliger ses ministres en exercice à renoncer à leur retraite de parlementaire : Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Henri de Raincourt, Patrick Devedjian et Jean-Marie Bockel faisaient partie de ces cumulards.
On le voit, il reste beaucoup à faire pour rompre avec les privilèges au plus haut niveau de l’État.
Le non-cumul des mandats devrait, à terme, limiter l’addition exorbitante des retraites pour une seule et même personnalité politique. Ce n’est qu’à cette condition, en effet, que l’on pourra tenter d’approcher au plus près de ce que François Hollande appelle "la République exemplaire".
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/548960-la-retraite-en-or-de-nicolas-sarkozy-pourquoi-je-suis-scandalise.html
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Par René Dosière
Député de l'Aisne.

Les avantages matériels dont dispose un ancien chef de l’Etat ont été fixés dans une lettre personnelle de Laurent Fabius – lorsqu’il était Premier ministre – à Valéry Giscard d’Estaing. C’est une faible base juridique, qui fait cependant jurisprudence, moins qu’un texte officiel qui serait plus adapté pour déterminer le rôle d’un ancien chef de l’Etat.
Les anciens présidents représentent-ils toujours la France ?
Le rôle des anciens chefs de l’Etat doit être redéfini. Ou bien on considère que le chef de l’Etat, une fois qu’il n’est plus en fonction, peut continuer à servir la France et donc, de ce fait, doit pouvoir bénéficier d’une prise en charge totale ou partielle de ses frais par la République : c’est un peu l’orientation adoptée jusque-là ; Ou bien on considère que, passé un certain délai, disons une année, l’ancien chef de l’Etat redevient une personne privée et, à ce moment-là, elle peut vivre avec ses propres moyens et elle peut donc prendre en charge ses frais.
Le choix entre ces deux options n’a jamais été tranché et il serait utile, à un moment donné, de poser le problème du rôle et du statut d’un ancien chef de l’Etat.
Un ancien chef d’Etat coûte 1,5 millions d’euros par an à la République française. Pour les trois anciens chefs de l’Etat, cela fait un coût total de près de 5 millions, cela représente ainsi le montant des intérêts de notre dette pendant une heure. Ce n’est pas une somme considérable en soi. Bien entendu, il n’y a pas de petites économies, l’essentiel reste cependant de savoir quel rôle on entend leur faire jouer.
Fonction publique vs secteur privé
Aujourd’hui, on paye un ancien président dont on ne sait pas très bien au fond s’il continue à représenter la France. Car, malgré l’ensemble de ses avantages matériels, un président peut parfaitement décider d’aller travailler dans le secteur privé.
Si l’on compare à ce qui se fait à l’étranger, aux Etats-Unis par exemple, les anciens dirigeants ont quelques avantages matériels qui sont beaucoup plus limités qu’en France. Ils disposent notamment d’un nombre de collaborateurs beaucoup plus faible, d’une protection policière qui se termine au bout de dix ans.
De même, les anciens présidents ont une pension mais qui n’est pas considérable compte tenu du niveau de vie des Etats-Unis et à laquelle ils peuvent renoncer. La France est assez généreuse avec les anciens chefs de l’Etats dans la droite ligne de la situation déjà très aisée des présidents en activité qui ont un train de vie 2,5 fois supérieur à leurs homologues américains.
Un consensus indispensable
Concernant la rémunération des anciens présidents de la République française, il y a deux caractéristiques à prendre en compte : un texte officiel de loi daté de 1955 dit que l’ancien président perçoit à vie une dotation égale au traitement d’un conseiller d’Etat (6000 euros par mois) et, depuis 1958, les anciens présidents sont membres de droit du Conseil Constitutionnel à vie, ce qui leur fournit une rémunération mensuelle de l’ordre de 12.000 euros.
Cette disposition devrait être revue puisque François Hollande s’est engagé à revoir la composition du Conseil Constitutionnel, il y faudra une réforme de la Constitution pour faire en sorte que les anciens présidents n’y siègent plus.
Comme une révision constitutionnelle est nécessaire, il faut une majorité des 3/5e, une partie de l’opposition devra donc aussi la voter. Et le texte devra alors recueillir un consensus assez large.
Aujourd’hui la priorité est au pouvoir d’achat, à l’emploi, à la croissance, à la justice fiscale, la révision constitutionnelle interviendra donc d’ici un peu plus d’un an normalement. Or, pour l’instant, dans le calendrier de la première année, il n’a pas été fait état d’une révision constitutionnelle.
Propos recueillis par Mélissa Bounoua.
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/548735-la-retraite-doree-de-sarkozy-anciens-presidents-il-faut-redefinir-tous-ces-avantages.html
***
Les indemnités pour frais manquent de transparence. Tous les élus ne communiquent pas publiquement l’utilisation de leurs indemnités de mandat. Certains députés l’ont fait, une petite dizaine, comme moi, mais cela reste minoritaire.
Il faudrait que les Français sachent que les députés ont besoin de cette indemnité car ils ont une permanence pour accueillir leurs collaborateurs et les citoyens, ce qui n’est pas le cas des sénateurs. Ces indemnités sont complétées par des avantages en nature, lorsqu’un parlementaire est en même temps un exécutif local (maire, président de conseil général). Dans ce cas, il arrive que l’indemnité parlementaire pour frais ne soit pas totalement dépensée et qu’elle permette de compléter la rémunération de l’élu.

critique politique et cinéma
LE PLUS. Nicolas Sarkozy a rallongé la durée légale de la retraite mais il va bénéficier de celle de président après seulement cinq ans de mandat. Une tradition qui coûte cher aux contribuables et qui profite aux ex-chefs d’État depuis 27 ans. Notre chroniqueur Thierry de Cabarrus est scandalisé.
Édité par Louise Pothier
Nicolas Sarkozy à Paris, le 24/04/2012. (NULL/SIPA)
En ces temps de crise, la retraite dorée des présidents de la République a quelque chose de scandaleux. Ainsi, Nicolas Sarkozy, l’homme politique qui s’est voulu inflexible sur la réforme des retraites va bénéficier d’une pension très confortable. De quoi tranquillement voir venir avant d’entamer, comme il le laisse entendre, une seconde vie professionnelle dans le privé.
Des revenus considérables au regard de la retraite moyenne
Scandaleux, en effet. Comment accepter que celui qui a reculé de deux ans l’âge légal de départ à la retraite, jetant dans la rue des centaines de milliers de Français exaspérés par une telle mesure, en partie injuste et considérée par beaucoup comme inefficace, puisse bénéficier d’avantages considérables pour sa propre pension?
Certes, Nicolas Sarkozy ne va rien voler, ses rémunérations à venir sont considérées comme légales, car elles ont été évaluées selon un système plus ou moins transparent qui a été mis en place… voici près d'une trentaine d’années.
Mais comment accepter que celui qui s’est accordé une augmentation de 140% de sa rémunération, continue de gagner beaucoup d’argent comme président retraité, sans aucun doute environ 20.000 euros par mois prélevés sur les recettes de l’État ?
Comment accepter que cette somme, issue de l'argent versé par les contribuables, puisse être aussi importante alors que le revenu médian des Français se situe, lui, à 1.653 euros par mois et alors que la pension moyenne de nos concitoyens retraités n’excède pas 1.100 euros pour une femme et 1.600 euros pour un homme ?
Comme Giscard et comme Chirac
Nicolas Sarkozy va percevoir au minimum 6.000 euros bruts par mois, l'allocation "de base" actuellement versée aux anciens chefs de l’État français, en l’occurrence Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac et ce, quelle que soit la durée de leur présence à l’Élysée.
Comme eux, il va également pouvoir devenir membre de droit et à vie du Conseil Constitutionnel et, à ce titre, percevoir une rémunération supplémentaire de… 11.500 euros nets par mois.
Selon le magazine "Challenges", l’ancien président pourrait toucher au minimum 17.500 euros mensuels, somme à laquelle s’ajoute ce qu’on appelle pudiquement des "primes de sujétion spéciales", dont le montant est tenu secret. Ces primes ont officiellement pour objectif de "compenser les contraintes subies dans l’exercice de leurs fonctions" par les chefs de l’État… sans qu’aucune de celles-ci ne soit curieusement précisée.
Enfin, Nicolas Sarkozy, âgé de 57 ans, pourrait également toucher des traitements liés aux différents mandats qu’il a exercés comme député, mais également comme maire de Neuilly et en tant que président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, lorsqu’il aura atteint lui-même l’âge légal de la retraite. Une somme que l’on peut facilement évaluer à plusieurs milliers d’euros supplémentaires.
Un appartement, une voiture, 2 chauffeurs, 7 collaborateurs
En soi, ces rémunérations ont quelque chose d’à la fois provocateur et de disproportionné en cette période où les Français souffrent dans leur vie quotidienne, où leur pouvoir d’achat est rogné sans cesse, où leur emploi est menacé et où même leurs retraites sont remises en cause.
Pourtant, pour élevées qu’elles soient, ces sommes peuvent se justifier en partie par l’ampleur des responsabilités assumées par les présidents durant leur mandat.
En revanche, que dire des autres avantages dont ils bénéficient de manière automatique depuis qu’en 1985, Laurent Fabius, alors Premier ministre de François Mitterrand (eh oui, sous un régime socialiste !) avait révisé les dispositions matérielles des chefs de l’État à la retraite par une note discrétionnaire ?
Cette mesure aurait fait l’objet, deux ans auparavant, d’une discussion entre Valéry Giscard d’Estaing et le président socialiste sans que jamais pourtant aucun texte n’apparaisse sur ce sujet dans "le Journal Officiel".
On peut ainsi s'interroger sur la nécessité de mettre à la disposition des "ex" beaucoup d’autres privilèges exceptionnels, comme par exemple un appartement de fonction "meublé et équipé", mais aussi deux policiers en permanence pour les surveiller (ce qui signifie au moins six à huit personnes, avec le jeu des repos, des congés et du système des trois-huit).
À ces avantages, s’ajoutent une voiture de fonction avec deux chauffeurs pour la conduire, ainsi qu’un staff de sept collaborateurs : un chef de cabinet, deux assistants, trois secrétaires et même un fonctionnaire des archives nationales (!), sans doute pour les aider à rédiger leurs mémoires…
Des voyages et des séjours gratuits à l’étranger
Avions de la compagnie Air France sur le tarmac de l'aéroport Paris Charles de Gaulle, Roissy, le 7 février 2012 (C.ENA/SIPA)
Et que dire encore des facilités matérielles accordées pour leurs voyages aux anciens présidents ? Nicolas Sarkozy pourra se déplacer partout en France et dans le monde, gratuitement, notamment grâce à une carte d’abonnement illimitée sur la compagnie Air France en classe "affaires", ainsi qu’à une autre carte à la SNCF en première classe.
Enfin, les ambassadeurs et les consuls français ont pour consigne, partout sur la planète où il existe une représentation nationale, d’accueillir dans les meilleures conditions possibles les anciens chefs de l’État, notamment dans les résidences officielles.
René Dosière, ce député socialiste de l’Aisne qui s’est fait une spécialité de contrôler chaque année le train de vie des présidents de la République, explique dans son livre "L’Argent de l’État" (Le Seuil) que la facture se monte en tout au minimum à 1,5 million d’euro par retraité de l’Élysée.
Près de 5 millions d’euros donc, chaque année, rien que pour subvenir aux besoins de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et très bientôt Nicolas Sarkozy. Peut-être davantage, d’ailleurs, puisque René Dosière précise qu’il s’agit là d’une estimation, en raison d’une certaine opacité et de la diversité extrême des sources de financement.
Hollande poursuit la moralisation de Fillon
François Hollande pourrait bien, durant son quinquennat, remettre à plat la question de ces retraites dorées des chefs de l’État dans le cadre de son projet de moralisation de la vie politique. Mais il n’y aura pas de rétroactivité et Nicolas Sarkozy, tout comme ses deux prédécesseurs encore en vie, ne devraient pas en être affectés.
Il a notamment pris l’engagement de supprimer cette disposition qui permet aux anciens présidents d'être nommés à vie au Conseil constitutionnel.
François Fillon avait commencé cette opération de "nettoyage", forcé contraint en juin 2010, quand avait éclaté le scandale de la double rémunération de Christine Boutin : "le Canard Enchaîné" avait, à l’époque, révélé que l’ancienne ministre du Logement percevait… un salaire de 9.500 euros par mois pour une vague mission sur la mondialisation alors qu’elle bénéficiait également d’une pension de 6.000 euros au titre de sa retraite de députée.
Le non-cumul des mandats et… des retraites
Dès lors, le Premier ministre avait utilisé ce qu’on appelle désormais la "jurisprudence Boutin" pour obliger ses ministres en exercice à renoncer à leur retraite de parlementaire : Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Henri de Raincourt, Patrick Devedjian et Jean-Marie Bockel faisaient partie de ces cumulards.
On le voit, il reste beaucoup à faire pour rompre avec les privilèges au plus haut niveau de l’État.
Le non-cumul des mandats devrait, à terme, limiter l’addition exorbitante des retraites pour une seule et même personnalité politique. Ce n’est qu’à cette condition, en effet, que l’on pourra tenter d’approcher au plus près de ce que François Hollande appelle "la République exemplaire".
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/548960-la-retraite-en-or-de-nicolas-sarkozy-pourquoi-je-suis-scandalise.html
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La retraite dorée de Sarkozy & anciens présidents: il faut redéfinir tous ces avantages
Modifié le 10-05-2012 à 07h32
5 réactions | 3704 luPar René Dosière
Député de l'Aisne.
LE PLUS. 1,5 millions d'euros par an et par personne : c'est ce que coûtent les avantages attribués aux anciens présidents de la République, entre la rémunération mensuelle, le logement de fonction, la voiture avec chauffeurs, les collaborateurs etc... René Dosière, député de l'Aisne et auteur du livre "L'argent de l'Etat", propose une remise en question du système.
Édité et parrainé par Melissa Bounoua
Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac le 21 janvier 2011 à Paris (B. LANGLOIS/AFP)
Les avantages matériels dont dispose un ancien chef de l’Etat ont été fixés dans une lettre personnelle de Laurent Fabius – lorsqu’il était Premier ministre – à Valéry Giscard d’Estaing. C’est une faible base juridique, qui fait cependant jurisprudence, moins qu’un texte officiel qui serait plus adapté pour déterminer le rôle d’un ancien chef de l’Etat.
Les anciens présidents représentent-ils toujours la France ?
Le rôle des anciens chefs de l’Etat doit être redéfini. Ou bien on considère que le chef de l’Etat, une fois qu’il n’est plus en fonction, peut continuer à servir la France et donc, de ce fait, doit pouvoir bénéficier d’une prise en charge totale ou partielle de ses frais par la République : c’est un peu l’orientation adoptée jusque-là ; Ou bien on considère que, passé un certain délai, disons une année, l’ancien chef de l’Etat redevient une personne privée et, à ce moment-là, elle peut vivre avec ses propres moyens et elle peut donc prendre en charge ses frais.
Le choix entre ces deux options n’a jamais été tranché et il serait utile, à un moment donné, de poser le problème du rôle et du statut d’un ancien chef de l’Etat.
Un ancien chef d’Etat coûte 1,5 millions d’euros par an à la République française. Pour les trois anciens chefs de l’Etat, cela fait un coût total de près de 5 millions, cela représente ainsi le montant des intérêts de notre dette pendant une heure. Ce n’est pas une somme considérable en soi. Bien entendu, il n’y a pas de petites économies, l’essentiel reste cependant de savoir quel rôle on entend leur faire jouer.
Fonction publique vs secteur privé
Aujourd’hui, on paye un ancien président dont on ne sait pas très bien au fond s’il continue à représenter la France. Car, malgré l’ensemble de ses avantages matériels, un président peut parfaitement décider d’aller travailler dans le secteur privé.
Si l’on compare à ce qui se fait à l’étranger, aux Etats-Unis par exemple, les anciens dirigeants ont quelques avantages matériels qui sont beaucoup plus limités qu’en France. Ils disposent notamment d’un nombre de collaborateurs beaucoup plus faible, d’une protection policière qui se termine au bout de dix ans.
De même, les anciens présidents ont une pension mais qui n’est pas considérable compte tenu du niveau de vie des Etats-Unis et à laquelle ils peuvent renoncer. La France est assez généreuse avec les anciens chefs de l’Etats dans la droite ligne de la situation déjà très aisée des présidents en activité qui ont un train de vie 2,5 fois supérieur à leurs homologues américains.
Un consensus indispensable
Concernant la rémunération des anciens présidents de la République française, il y a deux caractéristiques à prendre en compte : un texte officiel de loi daté de 1955 dit que l’ancien président perçoit à vie une dotation égale au traitement d’un conseiller d’Etat (6000 euros par mois) et, depuis 1958, les anciens présidents sont membres de droit du Conseil Constitutionnel à vie, ce qui leur fournit une rémunération mensuelle de l’ordre de 12.000 euros.
Cette disposition devrait être revue puisque François Hollande s’est engagé à revoir la composition du Conseil Constitutionnel, il y faudra une réforme de la Constitution pour faire en sorte que les anciens présidents n’y siègent plus.
Comme une révision constitutionnelle est nécessaire, il faut une majorité des 3/5e, une partie de l’opposition devra donc aussi la voter. Et le texte devra alors recueillir un consensus assez large.
Aujourd’hui la priorité est au pouvoir d’achat, à l’emploi, à la croissance, à la justice fiscale, la révision constitutionnelle interviendra donc d’ici un peu plus d’un an normalement. Or, pour l’instant, dans le calendrier de la première année, il n’a pas été fait état d’une révision constitutionnelle.
Propos recueillis par Mélissa Bounoua.
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/548735-la-retraite-doree-de-sarkozy-anciens-presidents-il-faut-redefinir-tous-ces-avantages.html
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Prime des sénateurs : on ne fait pas de la politique pour faire fortune
Modifié le 13-07-2011 à 19h23
Les élus français semblent avoir du mal à parler d'argent. La prime qui devait être accordée aux sénateurs a finalement été annulée. Selon le député René Dosière, plus de transparence à propos des indemnités de frais de mandat éviterait la suspicion des Français.
Édité et parrainé par Melissa Bounoua
Il faudrait que les Français sachent que les députés ont besoin de cette indemnité car ils ont une permanence pour accueillir leurs collaborateurs et les citoyens, ce qui n’est pas le cas des sénateurs. Ces indemnités sont complétées par des avantages en nature, lorsqu’un parlementaire est en même temps un exécutif local (maire, président de conseil général). Dans ce cas, il arrive que l’indemnité parlementaire pour frais ne soit pas totalement dépensée et qu’elle permette de compléter la rémunération de l’élu.
Les députés à l'Assemblée nationale le 15 mars 2011 - J. DEMARTHON / AFP
J’ai proposé à travers deux amendements, de faire la transparence sur ces avantages en nature en précisant qu’ils doivent résulter d’une délibération publique de la collectivité pour que tous ces frais soient connus. Cette mesure n’a pas été adoptée car il y a beaucoup de réticences chez les élus français à parler d’argent. Les responsables politiques surtout quand ils cumulent sont mal à l’aise pour évoquer l’utilisation de ce qu’ils perçoivent.
Il est vraisemblable que ce rejet provient de la proximité des élections sénatoriales en particulier la disposition de l’écrêtement. Ce sont les parlementaires qui sont écrêtés et redistribuent les indemnités à des élus, c’est un élément qui troubler les élus locaux, futurs électeurs sénatoriaux.
Il est vraisemblable que ce rejet provient de la proximité des élections sénatoriales en particulier la disposition de l’écrêtement. Ce sont les parlementaires qui sont écrêtés et redistribuent les indemnités à des élus, c’est un élément qui troubler les élus locaux, futurs électeurs sénatoriaux.
Il faut aujourd’hui que les Français sachent que l’on ne fait pas fortune en faisant de la politique, ça a toujours été un combat de la gauche de faire savoir cela. Car le versement des indemnités est justifié et il faut le rappeler. Lorsque les élus refusent d’être transparents sur leur enveloppe de frais, cela donne une mauvaise image des responsables politiques en général. Le manque d’information laisse à penser que les élus bénéficient de nombreux avantages et de privilèges dans l’exercice de leurs fonctions ce qui n’est pas généralement le cas. Les élus auraient tout intérêt à ne pas être opaques, cela favoriserait leur image dans l’opinion. Je dois par exemple sans cesse répéter qu’en tant que député, je n’ai pas de voiture de fonction.
Ne pas préciser l’utilisation des indemnités d’élu conforte l’opinion dans son sentiment de suspicion. Comment voulez-vous ensuite que les citoyens ne se demandent pas ce que les politiques cherchent à cacher ? Jusqu’à la fin de la présidence de Jacques Chirac, le budget de l’Elysée était inconnu du grand public, on pouvait soupçonner des malversations. Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy, les chiffres sont connus de tous et on ne fantasme plus sur des utilisations anormales de cet argent.
Le refus d’accepter les amendements que j’ai proposés peut favoriser le sentiment anti-élus, c’est très mauvais pour la démocratie. Il faut vraiment expliquer qu’il est légitime que les élus aient les moyens d’accomplir leur mandat. La plupart des élus vivent dans des conditions tout à fait similaires à de nombreux citoyens français.
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